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Le magazine sur la premiere et la seconde guerre mondiale

Charles de Gaulle (1890-1970)

Général puis homme d’État français, Charles de Gaulle fut le  chef de la France libre durant la Seconde Guerre mondiale et l’architecte de la Ve République française dont il a été le premier président (1959-1969).

Après l’entrée en guerre de la France contre l’Allemagne nazie, il adresse à quatre-vingts personnalités civiles et militaires un mémorandum intitulé l’Avènement de la force mécanique, dans lequel il critique sévèrement la stratégie définie par le grand état-major (janvier 1940).

Nommé à la tête de la quatrième division cuirassée alors qu’il n’est encore que colonel, il mène quelques brillantes contre-offensives en mai 1940 (à Montcornet et à Abbeville, notamment), donnant ainsi la preuve que le théoricien de la stratégie militaire peut également être un bon praticien.
Promu général de brigade à titre temporaire, il est appelé à Paris le 5 juin 1940 par le président du Conseil Paul Reynaud, qui lui offre le poste de sous-secrétaire d’État à la Défense dans le gouvernement resserré (douze ministres) qu’il dirige. Déterminé avec le président du Conseil à poursuivre la guerre en prévoyant, au besoin, un repli en Afrique du Nord, il rencontre l’opposition des partisans de l’armistice (Pétain, Weygand, Laval) et, après la formation du cabinet Pétain, s’envole pour Londres le 17 juin au matin dans l’avion de sir Edward Spears.

L’appel du 18 juin 1940

Le lendemain vers 20 heures, au micro de la BBC, Charles de Gaulle lance son fameux appel du 18 juin, dans lequel il plaide pour la continuation de la lutte contre les forces de l’Axe aux côtés de la Grande-Bretagne. Rebelle à l’autorité officielle de la IIIe République agonisante dont Philippe Pétain venait de prendre la tête, de Gaulle se consacre dès lors à l’organisation de son Comité de la France libre. Il obtient assez rapidement le soutien de Churchill qui le reconnaît le 7 août 1940 comme «chef des Français libres». Condamné à mort par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand le 2 août 1940, de Gaulle rassemble autour de lui une équipe de militaires , d’universitaires, d’hommes politiques et de journalistes.

Confronté à l’hostilité du président Roosevelt qui voit en lui un aventurier et cherche à ménager le gouvernement de Vichy, de Gaulle essaie de rallier à sa cause les possessions de l’Empire français, mais échoue lors de sa tentative de débarquement à Dakar à la fin de septembre 1940. Bien que ne disposant que de très maigres forces militaires, de Gaulle s’emploie, par son attitude, à interdire à ses alliés, Anglais et Américains, de traiter la France libre en légion étrangère, et défend partout où il le peut les intérêts et les positions de la France dans le monde.

Parallèlement à son activité internationale, le général de Gaulle entretient un contact constant avec la Résistance intérieure par l’intermédiaire d’un ancien préfet de la IIIe République révoqué par Vichy, Jean Moulin, dont les efforts d’unification de la Résistance aboutissent en 1943 à la création du Conseil national de la Résistance (CNR), qui reconnaît de Gaulle comme chef de la France libre. Soutenu par Staline, de Gaulle est cependant tenu à l’écart du débarquement allié en Afrique du Nord de la fin 1942 . Toutefois, après la conférence de Casablanca, une entrevue organisée entre Giraud et de Gaulle aboutit à la création du Comité français de libération nationale, organisme qui est reconnu en août 1943 par les Alliés comme seul représentant de la France au combat.

La libération de la France occupée

Cinq jours après le débarquement des forces anglaises, américaines et canadiennes en Normandie (juin 1944), de Gaulle débarque à Courseulles. L’accueil qu’il reçoit sur le sol français établit définitivement sa légitimité aux yeux des Américains, qui doivent renoncer à l’établissement d’une administration alliée pour gouverner la France jusqu’à sa libération totale. Le 26 août 1944, de Gaulle descend les Champs-Élysées en compagnie des chefs de la Résistance intérieure, acclamé par un million de Parisiens.
Le 3 septembre 1944, de Gaulle prend la tête d’un gouvernement provisoire dans lequel entrent six ministres communistes, aux côtés de membres du Mouvement républicain populaire (MRP) et de socialistes,  qui perdure jusqu’en 1947. Durant cette période, le gouvernement préside à une série de nationalisations et de grandes réformes sociales. Craignant un retour aux institutions et aux pratiques de la IIIe République (division des partis, instabilité ministérielle, parlementarisme), de Gaulle propose un projet de Constitution renforçant le pouvoir exécutif et doit faire face à l’opposition d’une majorité de l’Assemblée heurtée par ses conceptions «présidentialistes». Après avoir été confronté à plusieurs crises avec les partis, le président du gouvernement choisi par la première Assemblée constituante finit par se convaincre que ses options sont inconciliables avec celles de la classe politique, et il démissionne brusquement de toutes ses fonctions le 20 janvier 1946.
Source: Encyclopédie Encarta

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