David Lloyd George (1863-1945)
Considéré comme pacifiste jusqu’en 1914, Lloyd George change de position quand la Première Guerre mondiale éclate et que la Belgique est envahie par les Allemands. Il est nommé ministre des Munitions puis Secrétaire d’État à la Guerre, s’efforça de mobiliser l’ensemble des forces dans le conflit. Favorable à la formation d’un conseil de guerre, dirigé, non pas par le Premier Ministre, mais par une personne ne se consacrant qu’aux questions relatives à la guerre, Lloyd George obtint la démission du Premier Ministre Asquith, qu’il remplaça. Lloyd George réduisit alors le cabinet de 20 à 5 ministres et participa à la constitution d’un commandement allié unifié, sous les ordres de Foch.
Avant la guerre, l’Angleterre ne disposait que de trois arsenaux travaillant essentiellement pour la marine, et d’aucune artillerie lourde. Lloyd George devra en quelques mois préparer la fourniture de centaines de millions de balles et d’obus pour une armée de cinq millions d’hommes fraichement levée, alors même que les alliés (France, Italie et Russie surtout), en manque de munitions, demandaient l’aide de l’Angleterre.
Début 1917, la production de mitrailleuses étaient 27 fois plus élevée qu’en 1916, celle de canons moyens multipliée par 36, alors que celle des canons lourds était multipliée par 11. La guerre des tranchées consomme d’énormes quantités de munitions et Lloyd George en Angleterre, comme Joseph Joffre en France, doit faire face à une « crise des munitions ». Comme en France et dans d’autres pays en guerre, ce sont surtout les femmes qui feront tourner ces usines (plus d’un million rien qu’en Angleterre).
Lloyd George dirige le pays pendant le reste de la guerre et représente le Royaume Uni à la Conférence de paix de Paris de 1919 et au Traité de Versailles, se heurtant à la fois au premier ministre français Georges Clemenceau et au président des États-Unis Woodrow Wilson. Il veut punir l’Allemagne politiquement et économiquement, mais sans aller comme le souhaiterait Clemenceau jusqu’à anéantir sa puissance. Lorsqu’on lui demande ensuite comment il s’en est tiré à Versailles, il répond par un trait d’esprit : « Pas mal en considérant que j’étais assis entre Jésus Christ et Napoléon ».
Il défend aussi l’idée de plébiscite pour déterminer le tracé de la nouvelle frontière germano-polonaise. Il en résultera une très longue frontière, militairement indéfendable et théâtre de nombreux incidents.
Sources: Encyclopédie Universalis, Wikipedia
Mots clefs: 1915, Angleterre, Lloyd George