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Guillaume II d’Allemagne (1859 – 1941)

Guillaume II, le prince Friedrich Wilhelm Viktor Albert, fut empereur d’Allemagne et roi de Prusse de 1888 à 1918. Sa politique contribua au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Peu après son accession au pouvoir, impatient de prouver ses capacités, se sépara de son chancelier, le prince Otto von Bismarck, qui avait été l’artisan principal de la montée en puissance de l’Empire allemand pendant le règne de Guillaume Ier. Sa politique favorisa l’industrialisation du pays, au prix d’importantes difficultés sociales.

En matière de politique étrangère, Guillaume II, décidé à accroître la puissance de l’Allemagne, se montra souvent impulsif et versatile. Bien qu’il affichât une profonde amitié pour la Grande-Bretagne, il contraignit ce pays à s’engager dans une alliance défensive avec la Russie et la France en raison du danger que représentait le programme allemand d’expansion coloniale, commerciale et navale.

De même, la politique d’amitié avec la Russie et le soutien apporté aux ambitions russes en Extrême-Orient étaient en contradiction avec le soutien apporté par l’Allemagne aux ambitions austro-hongroises dans les Balkans. Cependant, il semble que Guillaume II était convaincu de l’efficacité de la Triple-Alliance pour éviter la guerre et qu’il n’avait en fait pas de véritables ambitions militaires. Cette politique louvoyante contribua à augmenter les tensions internationales qui aboutirent à la Première Guerre mondiale.

Pendant la guerre, Guillaume II apparut de plus en plus manipulé par son état-major. Ne se considérant pas comme un chef militaire, il abandonna la responsabilité des décisions militaires à ses généraux, Hindenburg et Ludendorff. En 1917, il refusa de prendre en compte les résolutions de paix proposées par le Reichstag et exigea la poursuite de la guerre. L’échec de l’offensive allemande de 1918 provoqua de nombreux troubles dans l’armée et la population allemande, et le 10 novembre, un jour avant la signature de l’armistice, Guillaume II quitta l’Allemagne pour les Pays-Bas. Pendant les négociations de paix à Versailles, plusieurs représentants des Alliés exigèrent en vain qu’il fût extradé et jugé comme criminel de guerre.

Ironie de l’histoire, c’est la marine allemande qu’il avait tant chérie, qui précipita la fin de la monarchie allemande. Les mutineries de l’automne 1918, l’installation de soviets dans toutes les grandes villes de l’empire de Metz à Berlin forcèrent le Kaiser à renoncer non seulement au trône allemand mais aussi au trône de Prusse. Les autres souverains allemands, qui avaient dû le suivre dans sa démarche autoritaire et militariste ne purent pas non plus sauver leurs dynasties séculaires.

Le chancelier Maximilien de Bade ayant annoncé son abdication, la république fut proclamée et le Kaiser se résigna, abdiqua officiellement le 9 novembre 1918 (le traité d’abdication ne fut signé cependant que le 28) et se réfugia à Doorn aux Pays-Bas (protégé par la Reine Wilhelmine, il ne sera pas livré aux vainqueurs pour être « jugé » comme responsable de la guerre conformément aux souhaits des alliés).

Il fut un antinazi de la première heure et condamna fermement, malgré ses convictions antisémites, les lois antijuives. Lors de la nuit de Cristal, il dira : « Pour la première fois, j’ai honte d’être Allemand ».

Il vécut assez longtemps pour voir la renaissance des armées allemandes. Il n’approuva pas l’invasion de la Pologne qui déclencha la Seconde Guerre mondiale, ni l’invasion des autres pays européens dont les Pays-Bas, son hôte. Mais lorsque la France, reconnaissant sa défaite, sollicita l’armistice, il envoya un télégramme de félicitation à Adolf Hitler. Certains de ses fils furent mobilisés sous Hitler et deux d’entre eux – dont Auguste-Guillaume – furent nazis.

Il mourut à 82 ans, et reçut à ses funérailles les honneurs militaires allemands conformément aux ordres d’Hitler. Le Kaiser avait demandé à ce que des symboles nazis ne fussent pas portés lors de ses funérailles, mais cela ne fut pas respecté.

Sources: Wikipedia, Encyclopédie Universalis

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