La bataille de Verdun (1916)
La Grande Guerre a vu se succéder les batailles toutes plus meurtrières les unes que les autres : la Marne, la Somme, le Chemin des Dames… Cependant, le nom de Verdun garde une résonnance particulière. Verdun, c’est l’enfer, une lutte sans fin, qui déboucha sur une victoire acquise au prix de sacrifices inimaginables. La visite de ce lieu et plus précisément du champ de bataille, qui, à la grande surprise du visiteur, tient en réalité dans un mouchoir de poche, ne peut pas laisser indifférent:  un siècle plus tard, l’un des plus grand drame humain de l’histoire de la guerre marque encore ce lieu d’une telle force, que la blessure, encore béante à même le sol, semble éternelle..
Un gigantesque affrontement dans un mouchoir de poche
Verdun est l’un des plus grand rassemblement d’artillerie de toute l’histoire si l’on se réfère à la concentration des armes ramenée au mètre-carré. La logistique mise en oeuvre est par ailleurs impressionnante, avec un flot continu de ravitaillement en hommes, matériel et nourriture, le tout pendant 10 mois, sous des bombardements d’une rare violence : près de 60 millions d’obus seront tirés pendant toute la durée de la bataille… En décembre 1916, les français comptent 216 000 blessés et 162 000 tués, les Allemands 200 000 blessés et 140 000 tués (La bataille de la Somme fera malheureusement encore bien pire…).
Avec le système de relève mis en place par Pétain et au vu de la durée des combats, une très grande partie de l’armée française servira sous ce déluge de feu et connaîtra la faim, la soif, la peur, la fatigue, la souffrance… Cette bataille marquera profondément et durablement la mémoire de toute la population…
Verdun, une bataille décisive de la première guerre mondiale
Verdun, avec son minuscule champ de bataille où se joue le sort de la France toute entière, devient rapidement le symbole de l’esprit défensif Français et de la farouche résistance de toute la nation. Indirectement, cette résistance poussera les Allemands à s’intéresser à la guerre maritime, ce qui provoquera à terme, l’entrée en lice des Etats-Unis dans le bain de sang que constitue la première guerre mondiale.
Un choix stratégique pour les Allemands
Les raisons de l’offensive Allemande
En 1915, aucune offensive n’a permis d’enfoncer sérieusement le front occidental. Le conflit s’enlise, et les généraux allemands veulent engager une bataille qui se doit d’être décisive pour permettre de gagner la guerre. Les Anglais et les Français préparent déjà une offensive dans la Somme? Les Allemands prennent l’initiative et frappent à Verdun !
Le choix de Verdun
Reims, Soissons, Amiens, Belfort sont toutes candidates pour cette offensive, mais l’état major choisit finalement Verdun. L’opération est mise au point par le général Falkenhayn. Son objectif est clairement de prendre la ville, même si par la suite il affirmera avoir seulement voulu saigner à blanc l’armée française, pour tenter de justifier l’échec de l’opération.
Une opération stratégique
La prise de Verdun n’a d’autre but que d’ouvrir la route vers Paris. Depuis la perte des territoires Français Alsaciens et Lorrains en 1870, Verdun est en effet devenue une place forte imaginée par le général Séré de Rivières, avec une imposante ceinture de forts parmi les plus perfectionnés d’Europe. D’autre part, Verdun constitue également naturellement une rampe de lancement potentielle pour une perçée Française en l’Allemagne.
Un choix tactique
Verdun présente de nombreux avantages pour les Allemands : très peu de voies de communication pour les Français (une route, une voie ferrée), la possibilité d’attaquer de front mais aussi par les côtés, un terrain valloné qui couvre les opérations d’acheminement de troupes et de matériel et… le fait que le maréchal Joffre ait décidé en 1915 de désarmer cette région au profit d’autres secteurs du front. Ainsi, beaucoup de canons lourds ont été retirés au profit des armées de campagne pour les opérations offensives.
Un choix psychologique
Il fallait un objectif prestigieux pour satisfaire le Kronprinz, fils de l’Empereur Guillaume II et commanditaire de l’opération ; or c’est à Verdun que fut signé en 843 le traité donnant naissance à l’Allemagne. Et puis, la ville avait déjà été prise en 1792 puis en 1870 par l’armée Prussienne. La perspective d’un triplé enchantait les généraux…